
Cette édition 2012 restera dans les mémoires parce qu’elle fut douloureuse pour les coureurs, pluie quotidienne, vent froid, parcours particulièrement adapté aux meilleures conditions physiques. Faut-il regretter cette météo ? Certainement pas ! C’est un élément essentiel de la course, les aléas du temps offrant une dimension originale à cet évènement cycliste tout en lui conférant une valeur nouvelle. En effet ceux qui sont allés au bout de cette semaine infernale sont définitivement identifiés comme liés à cette aventure hors du commun.
De ces hommes, nous retiendrons le panache exemplaire des frères Olejnik (Véranda Rideau) chaque jour à l’offensive ; l’application des jeunes coureurs de la Rabobank, Daan Olivier termine sur la troisième marche du podium, Nicky Van Der Lijke est 6ème et surtout ils possèdent un potentiel énorme. Nous avons également apprécié Vegard Breen ce Norvégien de la formation Joker Mérida. Nous avons aussi aimé la solidité de la Sélection de Bretagne, une victoire d’étape : Benjamin L e Montagner, et la 7ème place au général de David Chopin. Nous saluerons encore le courage des Brestois de BIC 2000 en manque de réussite mais pas d’inspiration, ni d’initiative, avec des circonstances de course plus favorable Florent Mallégol et Olivier Le Gac pouvaient espérer mieux. Encourageons enfin les efforts des tout jeunes coureurs de Sojasun Espoirs qui se souviendront à ne pas en douter de leur premier passage sur le Tour de Bretagne.
Pour la fin de cette analyse non exhaustive, nous conservons ce suspens incroyable dans les rues de Dinan : dernier tour sous un soleil de grande victoire, vélo hoquetant sur les ultimes pavés, la foule qui hurle ses encouragements, une foule énorme qui gronde avant de s’ouvrir sur les coureurs, enfin cet éclat de génie de Janse Van Runsberg, Sud Africain qui ne connaît même pas le soleil d’Austerlitz, qui se moque des conventions de course et qui vous plante là au beau milieu de la rue tous ses adversaires dans une scène finale théâtrale, une scène improvisée ; Eric Bertou chouchou du public n’a pas appris son texte, il voit l’infâme attaquer sans vergogne, mais avec tant d’ardeur, le fanfaron s’enfuit déjà. Un Anglais Scott Thwaites, un Suisse Jonathan Fumeaux se dressent sur leurs pédales afin de répondre à l’insolente offensive, Eric Bertou comprend qu’il faut se dépouiller mais l’autre là-bas fait une vole (mauvais coup aux cartes), l’affaire est réglée et on en oublierait presque la belle victoire de Dimitri Le Boulch.
Comment après cette semaine infernale, après ce dénouement oublier cette édition 2012, c’est une mission impossible, elle entre de plein pied dans l’histoire du Tour de Bretagne. Quant à la victoire de Janse Van Runsberg elle nous annonce le commencement d’une nouvelle carrière pour ce valeureux coureur, voila précisément la vocation du Tour de Bretagne : découvrir les talents de demain.
L.M.