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Le fabuleux destin d'Élie Gesbert

1/07/2017
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1er Juillet 1995, le Tour de France s'élance de Saint-Brieuc. Chris Boardman chute sous le déluge, Jacky Durand, fou de bonheur endosse le 1er maillot jaune, et le 5ème sacre de Miguel Indurain est annoncé. Voilà ce dont se souviennent les suiveurs du cyclisme. La famille Gesbert a un tout autre souvenir en tête. Ce même jour à Saint-Brieuc, c'est la naissance d'Elie. En riant, il nous avouera au cours de l'entretien que son père, même s'il était à la maternité, devait certainement être devant la télé.


Exactement 22 ans plus tard, Élie Gesbert est le benjamin du 104ème Tour de France et s'élancera en 1er à 15h15 ce samedi de la rampe de lancement de Düsseldorf.

Le jeune costarmoricain est la petite surprise réservée par l'équipe Fortunéo et ce n'est pourtant qu'une suite logique à sa progression. La dernière victoire d'Élie, c'était il y a peu, il y a 2 mois. Le 30 avril 2017, sur le Tour de Bretagne et sous le déluge de Pontivy, à peu près le même que celui qui a fait tomber Boardman à St Brieuc. Il attaque pour rentrer sur la tête de course, chute, repars, attaque à nouveau, revient à l'avant, attaque encore et fait le show dans la dernière ligne droite après avoir résisté à des rouleurs comme Zhupa, Owen, Powless ou encore Vendrame, excusez du peu. A l'issue de la dernière étape, il prend la 4ème place du classement général... comme en 2016 alors qu'il avait tout tenté (risquant de tout perdre) pour détrôner un autre prodige nommé Adrien Costa.

Attaquer au risque de tout perdre, il est comme ça Élie. Seule la victoire est belle. Comment remporter la Flèche Wallone lorsque l'on se retrouve avec Alejandro Valverde ou Dan Martin ? Et c'est bien Élie que l'on voit s'extraire du peloton quelques kilomètres avant le Mur de Huy. Sans rèussite, certes, mais quel cran il faut pour se lancer dans une telle offensive avec Majka ou Henao tant le retour de manivelle peut être violent et tant le Mur porte bien son nom.

Quand on lui demande quel effet ça fait de se retrouver au départ du Tour de France, sa réponse est simple, comme le bonhomme : C'est énorme, un vrai rêve de gosse. Pour un 1er grand tour il faudra avant tout bien récupérer. Je n'ai jamais couru plus de 8 jours auparavant.

Être le benjamin du Tour ne l'effraie pas, bien au contraire. Ce n'est pas une pression particulière. Je veux juste bien faire, pour moi et pour l'équipe. Et montrer que malgré mon âge, je peux bien finir le Tour de France. Porter un maillot distinctif ne serait-ce qu'un jour, ça relève de l'impossible, mais je compte bien jouer ma chance sur certaines étapes. Il y a plusieurs étapes « semi-difficiles » qui peuvent me convenir. Je veux me glisser dans les échappées et faire de beaux numéros.  La suite et les lauriers pourraient venir tout naturellement car quand Élie est à l'avant c'est un sniper, il se loupe rarement. Il aura certainement retenu la leçon de sa fringale sur la 2ème étape du Tour de Bretagne 2017. La plus longue, celle qui a propulsé Flavien Dassonville au sommet du classement et qui enterra les chances de victoire finale d'Élie.

 
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Il n'est pas un beau parleur, il ne se dévoile que sur le vélo, de la plus belle des manières, en faisant parler les jambes. Comme sur le Tour de l'Avenir en 2015, la Ronde de l'Isard en 2016 ou le Tour de Bretagne en 2017. De belles parties de manivelles couronnées de succès qui vous placent le tempérament du coureur.

Dans une équipe taillée pour la chasse aux étapes, il sera parfaitement entouré par des briscards (non, non, on a pas dit « vieux ») comme Maxime Bouet et Brice Feillu. Ils m'ont dit de ne pas hésiter à y aller, à prendre des coups, mais que certains jours ce serait aussi vraiment difficile. Je ne sais pas encore si je serais à l'attaque dès les premiers jours, cela dépendra des consignes de course.

Dans le peloton du 104ème Tour de France, Elie Gesbert retrouvera pas moins de 30 coureurs qui ont déjà participé au Tour de Bretagne, tels que John Degenkolb, Alberto Contador, ou Jay Mc Carthy.

Le jeune homme se décrit par les mots suivants : Timide, impatient, rêveur. De notre côté on pourrait ajouter les mots suivants : Humilité, disponibilité, et panache. A chaque niveau qu'il franchi Élie Gesbert s'adapte, et il n'y a aucune raison pour que ce Tour de France y fasse exception. Sans complexes, juste le plaisir de faire du vélo et de découvrir la plus grande course du monde.

Yann Corollou