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Elie Gesbert fait contre mauvaise Fortunéo (très) bon cœur

30/04/2017
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Grand spectacle en centre Bretagne ! Les concurrents ont rencontré des conditions épouvantables qui éprouvé les organismes et permis à un homme fort, probablement le plus fort du Tour de Bretagne, de s'imposer en solitaire à Pontivy. Elie Gesbert, au forceps, a racheté Fortunéo-Vital Concept de son apathie de la veille mais l'ancien coureur de l'équipe phare de la Bretagne, Maxime Cam, reste leader à la veille du grand final à Fougères.


On comprend sur les routes du Tour de Bretagne pourquoi les coureurs cyclistes sont populaires : qu'un Breton brave les éléments pour briller devant les siens, certes, mais qu'avaient à faire, dans la bourrasque et dans la rudesse de Mur-de-Bretagne, tant en descente qu'en montée, un Américain (Logan Owen), un Albanais (Eugert Zhupa) ou un Italien (Fausto Masnada) qui avait tant envie de réussir qu'il a fini sa course à l'hôpital suite à une chute ? Cyclistes de tous horizons, ils ont montré que le courage n'est pas une vertu du passé. À aucun moment dans cette sixième étape, la course a baissé d'intensité, une échappée de dix hommes ne parvenant à prendre plus d'une minute trente d'avance. Parmi eux, Logan Owen et Julius Van den Berg ont joué la gagne jusqu'au bout, rejoints dans un premier temps par Eugert Zhupa - qui sera au départ du Giro en Sardaigne vendredi - puis par un quatuor comprenant l'Américain Neilson Powless, un futur grand, et Elie Gesbert.

 
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L'espoir breton, 21 ans, s'est isolé dans la dernière côte pour s'imposer de manière très démonstrative sur les bords du Blavet. Quelle joie ! « J'ai eu du mal à y croire parce qu'après ma chute, je suis remonté de groupe en groupe pour revenir sur l'échappée, a-t-il raconté, ravi à juste titre. Ça fait bizarre de se retrouver devant de cette manière. Dans le dernier tour, j'ai compris que les autres avaient du mal à suivre dans la bosse. C'est là que je devais attaquer. On avait d'abord accéléré dans Mur-de-Bretagne pour casser le peloton. »

« Dans de telles conditions, on savait que ça allait se jouer au mental, a-t-il apprécié. C'était une bonne course de guerriers. Je ne suis pourtant pas un adepte du sale temps. Les autres jours, la chance n'a pas trop souri. Aujourd'hui, ça a marché. Certes c'est une course de classe 2 mais au niveau national, c'est la classe 2 la plus réputée. En plus, pour un Breton comme moi, c'est vraiment important. C'est ma première victoire avec Fortunéo, elle peut me faire rebondir vers les prochains objectifs. Je suis encore en apprentissage. Il n'y a pas de petites victoires et j'ai gagné avec la manière. Je ne veux pas dénigrer l'édition de l'année dernière, mais cette année, il y a un niveau plus important sur le Tour de Bretagne avec des grosses équipes plus fortes collectivement. »

Présenté comme un favori au départ de Rennes et lui-même ouvertement désireux d'améliorer sa place de l'an passé au général (4e), Elie Gesbert a abandonné une partie de ses espoirs sur le circuit de Saint-Pol-de-Léon dans le final de la deuxième étape. « Personne n'est à l'abri de quoi que ce soit, j'ai pu le constater à la deuxième étape, j'ai fait une fringale, se souvient-il avec amertume. Je me sentais au-dessus du lot et ça m'a lâché d'un seul coup sur le circuit final. Ça m'a mis une balle dans le pied pour le général. J'ai des regrets. C'est dur de se dire que je suis peut-être passé à côté de quelque chose. Il faut passer outre. Aujourd'hui, c'est une revanche. Mais Maxime Cam n'est pas plus à l'abri d'une défaillance que quiconque. Ça peut encore se renverser, c'est sûr. »

Voilà qui promet pour le bouquet final à Fougères.

Jean-François Quénet

 
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