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Résistance à Auber-Wilier

28/04/2017
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Onze jours après avoir remporté le Tro Bro Leon, son grand objectif de l'année faute de pouvoir participer à Paris-Roubaix cette année, Damien Gaudin a de nouveau levé le drapeau de l'Armée de Terre en s'adjugeant la quatrième étape du Tour de Bretagne devant son compagnon d'échappée, Kevin Perret, qui fêtera demain ses vingt ans et arrivait à St-Gildas-des-Bois dans son département d'origine, la Loire-Atlantique.


Le Tour de Bretagne ne se départit pas de son caractère déroutant. Les jours où sont attendus des sprints massifs, les échappées vont au bout et vice versa. Le tracé par la route la plus directe, pratiquement sans ralentisseur, entre Scaër (Finistère) et Saint-Gildas-des-Bois, ne comportait pas de difficulté majeure, d'où un doublé annoncé pour Jakub Mareczko. Sauf qu'un trio s'est formé à l'avant de la course dès le neuvième kilomètre, obligeant les coéquipiers Flavien Dassonville à une très longue course poursuite. Benjamin Le Montagner (Côtes d'Armor-Marie Morin) était plus proche au général (à moins de deux minutes) que Damien Gaudin (Armée de Terre) et Kevin Perret (U Nantes-Atlantique). L'écart a été stabilisé juste au-dessus des cinq minutes. Une fois qu'il eut engrangé les points du classement des grimpeurs et les bonifications des sprints intermédiaires destinées le propulser dans les dix premiers au classement général (mais il a lâché prise dans le peloton), Le Montagner s'est relevé à l'amorce de la dernière heure de course, ce à quoi ne s'attendaient pas forcément les Wilier Triestina qui envisageaient une action coordonnée avec la formation du leader (HP BTP Auber 93). Laquelle n'avait plus intérêt à boucher le trou sur deux coureurs mal classés au général. En clair, les équipes de sprinters se sont réveillées trop tard.

 
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« C'est une superbe année, s'est exclamé Gaudin qui a lâché Perret en force dans la montée finale. Je n'ai pas trop de mots. J'ai gagné une Elite en début d'année (la Vallée de la Loire) qui m'a lancé la saison. Après le Tro Bro Leon, j'ai un peu relâché l'entraînement, du coup, en début de Tour de Bretagne, j'étais un peu derrière, pas super. Il fallait se remettre des émotions. Je ne voulais pas jouer le général mais plutôt des étapes. Aujourd'hui, j'ai tout donné, c'est une grande journée. »

« Je voulais prendre l'échappée, a-t-il détaillé. On n'était que trois et il nous restait 190km à couvrir. On a su gérer notre effort. Si on avait roulé à bloc, on ne serait pas allé au bout. Heureusement, j'avais des bons collègues de fugue. Benjamin Le Montagner a joué le jeu quand il condamnait l'échappée. Restait avec moi un bon Kevin, un jeune, je lui ai donné beaucoup de conseils, je pense qu'il a pris beaucoup de plaisir avec moi. Dès qu'il pouvait passer un relai dans le final, ça me soulageait. La pluie, sur le circuit final, nous a permis de ne pas perdre de temps dans les virages par rapport au peloton. Elle nous a avantagés. J'avais encore de la force quand nous avons rallié le circuit avec quatre minutes d'avance. De toute ma carrière, je n'avais encore jamais réussi une échappée aussi longue. »

Filippo Pozzato a marqué de toute sa classe son passage sur le Tour de Bretagne et c'est encore un coureur de standing, cinquième de Paris-Roubaix 2013, qui s'est imposé alors que les trois journées les plus dures s'annoncent pour Flavien Dassonville.

Jean-François Quénet

 
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