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« Kuba » libre !

27/04/2017
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Invitée de dernière minute, l'équipe italienne Wilier Triestina de Filippo Pozzato, venue au Tour de Bretagne pour peaufiner sa préparation au Giro qui débute la semaine prochaine, a mené au triomphe, à Scaër, son sprinter Jakub Mareczko qui a su éviter les pièges du tracé proposé par l'ancien coureur Jean-Louis Conan. Flavien Dassonville a conservé non sans mal son maillot de leader.


Ses coéquipiers l'appellent Kuba. Jakub Mareczko est né à Jaroslaw, en Pologne (le 30 avril 1994, il fêtera donc ses 23 ans sur le Tour de Bretagne à la veille de l'arrivée à Fougères), mais il est italien car il a suivi sa mère à Brescia à l'âge de quatre ans quand elle s'est remariée. Sous le maillot de la squadra azzurra, il a décroché la médaille de bronze au championnat du monde u23 l'an passé au Qatar, ce dont il a nourri une certaine déception car il visait l'or, du fait de son statut déjà avancé dans le monde professionnel. Voilà un an, il devançait André Greipel pour remporter une étape du Tour de Turquie. A Scaër, il a engrangé sa 24e victoire depuis ses débuts pros en 2015.

« Je voulais cette victoire étant donné que mes coéquipiers avaient travaillé pour moi au cours des premières étapes et nous n'y étions pas encore arrivés, a raconté Kuba. J'avais une très grosse envie de gagner car le cyclisme traverse un mauvais moment avec la disparition de Michele Scarponi. Je veux lui dédier cette victoire. »

« C'était un parcours varié avec des petites côtes à mi-course dans lesquelles j'ai tout fait pour m'accrocher à la roue de mes équipiers sans me faire lâcher du peloton, a-t-il enchaîné. Ma condition s'améliore de jour en jour. Je suis très content. Je sors d'un mois sans courir. Ma dernière course était Les Trois Jours de La Panne (fin mars) où j'étais tombé. J'avais besoin du Tour de Bretagne pour retrouver le rythme de la compétition. Et ça marche ! J'avais besoin d'un succès comme déclic avant le Giro. La Bretagne me plaît. La région est belle et les parcours sont vraiment intéressants pour pratiquer le cyclisme. Il y a du plat et des bosses. C'est pourquoi cette course me servira pour l'avenir. »

 
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Sur le plat, juste après le départ de Saint-Pol-de-Léon, les attaques ont fusé. Aucune échappée n'est parvenue à se développer jusqu'au franchissement des Monts d'Arrée, où Maxime Daniel (Fortuneo-Vital Concept), Jérémy Leveau (Roubaix-Lille Métropole) et Maxime Le Lavandier (Côtes d'Armor-Marie Morin) ont pris le large avant d'être rejoints par huit autres concurrents à l'approche du circuit final de Scaër. Parmi eux figuraient Elie Gesbert (Fortuneo-Vital Concept), très entreprenant et revanchard après sa déconvenue de la veille où ses ambitions ont été freinées par une fringale, le Belge Emiel Planckaert (Lotto-Soudal) et l'Américain William Barta (USA), très prometteurs.

Quand leur avance a dépassé les deux minutes, le leader Flavien Dassonville, serein dans la première partie de la course, a commencé à s'inquiéter. Les Wilier Triestina lui ont facilité la défense du maillot blanc à bande verte. « Mes coéquipiers sont parvenus à ramener le peloton à deux kilomètres de l'arrivée, a décrit Mareczko. Avoir Pippo Pozzato avec soi dans un tel final, ça aide. C'est un grand coureur. Il a jeté lui aussi ses forces dans la dernière bataille pour préparer le sprint mais il n'a pas été le seul. Des coureurs comme Zhupa, Belletti, Turrin et Ponzi ont aussi travaillé toute la journée, c'est vraiment une belle équipe. »

« Il pourrait y avoir d'autres sprints », espère Kuba, libéré par ce premier succès.

Jean-François Quénet

 
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