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Un flandrien chez les vikings

13/04/2016
gino

Edvald Boasson Hagen, Alexander Kristoff, Gabriel Rasch, Lars Petter Nordhaug, Vegard Breen, Daniel Hoelgaard et Odd Christian Eiking, entre autres, sont passés sous la houlette de Gino Van Oudenhove. Ce belge expatrié en Norvège est un amoureux des classiques flandriennes et inculque sa passion auprès des jeunes coureurs norvégiens qu'il forme.


Gino, le Team Joker est l'une des plus fidèles formations composant le plateau du Tour de Bretagne, et ce depuis 2007. Pourquoi cet attachement au Tour de Bretagne ?

Le team Joker est une équipe de développement, et nous savons depuis longtemps que le Tour de Bretagne dispose toujours d'un plateau avec les meilleurs jeunes mondiaux. Avant de passer pro, c'est un « must » de faire le Tour de Bretagne et d'y faire des résultats. Pour nous c'est indispensable, et l'histoire nous a donné raison. Nos coureurs qui ont bien marché, sont devenus pro, et des bons pros !

 

Revenons au Tour de Bretagne 2015. La victoire d'Adrian Aas Stien sur la 1ère étape a surpris beaucoup des suiveurs de la course. C'était aussi le cas au sein du Team Joker ?

Oui et non. Nous savions qu'Adrian était un coureur solide. Assez solide pour gagner une étape, mais pas le classement général. C'était magnifique de gagner et de porter le maillot de leader, mais cela nous a aussi donné une tâche difficile pour le reste de la semaine.

 
adrian aas stien

Le Team Joker s'est retrouvé piégé à devoir assumer la course dès le début avec ce maillot de leader ?

C'est ça! Je trouve que nous avons bien joué le jeu, mais c'était vraiment dur. Si nous n'avions pas eu le maillot de leader le premier jour, je pense que nous aurions pu faire mieux au classement général. Nous étions bien cuits le dernier jour !

 

Sur ce Tour de Bretagne 2015, Daniel Hoelgaard a certainement été le coureur le plus impressionnant avec 1 victoire d'étape et 3 secondes places. Que lui a-t-il manqué pour battre Sébastien Delfosse au général ?

Je pense que c'est juste parce que nous avons eu le maillot de leader dès le premier jour. Avec une équipe fraîche autour de lui après l'étape de Perros-Guirec, je pense que nous pouvions faire différemment les derniers jours. Mais nous ne regrettons rien ! Nous avons fait la course et je suis très fier de mes coureurs. Les jeunes ont fait une travaill extraordinaire. Ils ont grandis dans cette semaine, et ce n'est pas impossible que nous voyions le résultat de ce travail sur le Tour de Bretagne 2016, avec Grøndahl Jansen et Skaarseth, qui sont espoirs et qui ont fait le Tour de Bretagne l'année passée.

 

Nous récapitulions en introduction les coureurs qui ont grandi au Team Joker. On sent un réel intérêt des principales équipes pro pour les cyclistes norvégiens qui suivent leur "grand frère" Thor Hushovd. Comment expliques-tu cet intérêt ?

Nos coureurs sont forts, bien entraînés et ont une bonne mentalité. Plusieurs équipes ont déjà vécu ça avec Edvald Boasson Hagen, Alexander Kristoff entre autres. Le cyclisme est un petit monde, le mot va vite. Quand un jeune Norvégien marche, l'intérêt vient vite. En plus, nos coureurs ne sont pas attachés à une équipe Pro Tour, comme dans les équipes de développement de BMC ou Lotto par exemple. Donc nous sommes une équipe de développement pout toutes les équipes professionnelles. 

 
 
daniel hoelgaard

Tu gardes une relation particulière avec les jeunes qui sont passés dans ton équipe ?

Quand je les vois sur des courses, nous parlons beaucoup. Autrement on communique par sms avant et après les grandes courses. La relation est toujours là, mais plus sur le niveau qu'ils étaient chez nous évidemment. La plus belle chose est de pouvoir toujours parler avec eux comme avant, quand ils étaient chez nous. Par exemple avec Edvald Boasson Hagen, il est fréquent que je lui envoie un sms du genre : « pas bien placé avant le Kemmelberg. Pourquoi? » Et puis nous discutons un peu !!! (Rires)

 

Qu'est ce qui t'a amené à diriger une équipe norvégienne alors que tu es belge ?

J'habite en Norvège, ma femme est Norvégienne, et le cyclisme est ma passion. Quand tout s'accorde et que tu fais du cyclisme ton boulot, c'est juste magnifique! En fait, j'ai commencé à m'occuper un peu des coureurs norvégiens qui venaient en Belgique. Puis je me suis mis à les suivre sur les courses par étapes en France. Puis sur les courses en Norvège et puis j'ai finalement déménagé en Norvège. Après tout est allé très vite, coach de l'équipe nationale espoir et puis en 2005 la création l'équipe Maxbo-Bianchi qui est devenue Team Joker désormais. C'est en fait le résultat d'un projet que j'ai dessiné pour la fédération au départ, et finalement c'est devenue une équipe continentale.

 

Le Team Joker sera à nouveau présent sur le Tour de Bretagne 2016, quelles qualités faut-il pour réussir sur cette course ?

Il faut une équipe avec 6 coureurs forts, aussi bien dans les jambes que dans la tête. Une équipe qui travaille bien ensemble, avec des coureurs qui sont des guerriers. Chaque journée est difficile. Le vainqueur du Tour de Bretagne n'est jamais une surprise, c'est juste que le parcours est prévu pour les meilleurs! C'est une des courses les plus importantes pour les meilleures équipes continentales. Ce n´est pas souvent que nous pouvons faire des courses de 6-7 jours avec une telle qualité.

La qualité du plateau, celle du parcours, et le plus important, la qualité de l'organisation en général. Nous sommes très contents d'être sélectionnés. Je sais que beaucoup d'équipes veulent être à notre place. Le Tour de Bretagne a une belle réputation.

 

Propos recueillis par Yann Corollou pour tourdebretagne.bzh